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Pierre-Laurent Cassière
Si on peut considérer sans trop se risquer que la matière première de l'œuvre de Pierre-Laurent Cassière est constituée par le son, il faut d'emblée préciser que celui-ci est envisagé en tant qu'élément déclencheur d'une relation dynamique entre le corps (de l'artiste, du spectateur) et l'espace. Développant des dispositifs sonores spécifiques, souvent liés à un lieu (Tectophonie, Mag-Net, Voyage dans le temps...), il s'intéresse également aux postures d'écoute et aux moyens de l'audition (Vent tendu, Schizophone).
La perception est sollicitée jusque dans ses limites et souvent ses œuvres appellent une attention particulière. Parfois au contraire, elles se font la réponse violente à l'agression sonore quotidienne et deviennent alors des actions de « vandalisme acoustique » en milieu urbain (NoiZystem).
Loin de la fascination technologique, le travail de Pierre-Laurent Cassière joue avec des éléments anodins. Sa recherche plastique l'amène alors à travailler avec de la poussière (Chant de poussière) ou des objets trouvés (Harpe de fortune, Mimnemesis). Mêlant une connaissance précise des phénomènes acoustiques à un exercice ouvert de l'art (installation, vidéo, performance, instrument, photo, dessin...), Pierre-Laurent Cassière développe un langage sonore qui invite résolument chacun à l'expérience de l'écoute.

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Julien Tiberi
L'œuvre de Julien Tiberi se construit d'abord à partir d'une pratique ouverte et maitrisée du dessin qui l'autorise à s'approprier une variété non arrêtée de styles. Dessinant à la manière des caricaturistes du XIXème lors du procès Colonna auquel il assiste (Les fantômes de la défense) ; empruntant le style du dessin d'audience pour rendre compte d'un colloque d'art contemporain (Proposition de colloque) ; ou entamant une histoire du dessin américain à travers une série représentant divers points de vue du mur de Tijuana séparant le Mexique des États-Unis (l'ensemble des dessins de Again we cut back... sera ensuite télécopié à l'adresse du Dead letter office, centre du courrier perdu américain), il fait de sa maîtrise technique non pas l'objet d'une démonstration mais l'affirmation du retrait de la figure de l'auteur.
La référence graphique fait écho à la référence historique, théorique, littéraire ou scientifique et participe à l'élaboration d'une œuvre aux multiples ramifications. Souvent bâties suivant un principe d'uchronie, consistant à produire a posteriori des documents faussement historiques afin de redéfinir le sens de l'histoire et de jouer sur des fictions possibles (Le salon, Hommage à Wallace Suitcase Jefferson...), ses pièces mettent définitivement en question la notion d'origine autant que celle d'original.

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Marion Mahu
Il y a dans l'œuvre de Marion Mahu une volonté de travailler à la charnière du transitoire et du pérenne, de la ruine et du bâti, du nomadisme et de l'habitat. C'est dans cette apparente contradiction qu'elle développe une pratique du dessin, de la vidéo et de l'installation liée à la dé/construction, à l'absence et au territoire. Dans son travail, l'architecture est souvent perçue comme un environnement, le lieu de l'organisation humaine, mais aussi comme une histoire, une mémoire...
Dans sa série de dessins Dwell sur Aube, le chantier devient pour l'artiste un principe fondateur envisagé en soi comme un élément finalisé. L'habitude du work in progress s'expérimente également à travers des projets tel Fast fish (poisson amarré), consistant en la construction toujours rejouée d'une caravelle à l'aide d'éléments de mobilier (armoire, tête de lit...). Dans sa vidéo Flying Dutchman, Marion Mahu met en scène à travers l'image de synthèse, l'emprunte de la « Marie Céleste », un bateau fantôme retrouvé en mer vidé de son équipage en 1872. Le son du premier enregistrement sonore d'Edison accompagne l'emprunte discrète du navire et laisse deviner sa présence fantomatique.
C'est de l'insatiable désir de conquête des territoires dont il est question dans cette œuvre de la partance, de l'énergie parfois désastreuse qui conduit l'humain à vouloir maîtriser sans cesse son environnement.

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